English version

Développer la qualité dans le champ
sanitaire, social et médico-social

Recherche

Avancée
impression
Guide patient

La recherche et le traitement de Helicobacter pylori

Date de validation
mars 2019

Votre médecin vous a prescrit un examen pour rechercher la bactérie Helicobacter pylori ou vous allez recevoir un traitement pour éliminer cette infection. Ces fiches d'information ont pour objectif de vous accompagner et de vous apporter toutes les informations utiles. Elles permettent de complèter vos échanges avec votre médecin.

 

Helicobacter pylori, de quoi parle-t-on ?

Helicobacter pylori, ou H. pylori, est une bactérie fréquente qui infecte la paroi interne de l’estomac. Acquise principalement dans l’enfance, l’infection persiste toute la vie si elle n’est pas traitée. Cette infection entraîne une inflammation de l’estomac (gastrite) qui passe généralement inaperçue. Cependant, elle peut provoquer des troubles digestifs (gêne, douleurs). Parfois, avec le temps, elle peut évoluer vers un ulcère, plaie plus ou moins profonde de la paroi de l’estomac ou du duodénum, ou plus rarement vers un cancer de l’estomac.


Un traitement existe pour éliminer la bactérie et prévenir la survenue de ces maladies.

 

Le document "La recherche de Helicobacter pylori"  présente les différentes causes entraînant la recherche de la bactérie ainsi que les examens permettant de diagnostiquer l'infection.

Le document "Le traitement de Helicobacter pylori" explique le principe et le déroulement du traitement, ses effets secondaires et le contrôle indispensable après traitement.

Documents

 

Foire aux questions (FAQ)

 

Sections

 

- L’infection par la bactérie Helicobacter pylori est-elle fréquente ?

En France, 15 à 30 % de la population serait infectée. La fréquence varie selon les tranches d’âge de la population générale : moins de 20 % des personnes de moins de 30 ans sont infectées, plus de 50 % des personnes de plus de 50 ans le sont. La fréquence varie aussi selon les origines géographiques (l’infection est plus fréquente notamment en Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient, Extrême-Orient).

 

- Quel médecin prend en charge l’infection par la bactérie Helicobacter pylori ?

Votre médecin généraliste évalue votre état de santé en fonction des signes, des douleurs ou des risques que vous présentez. Si votre situation le justifie, il vous prescrira le ou les examens nécessaires pour vérifier si vous êtes porteur de la bactérie. Il pourra notamment vous adresser à un gastroentérologue pour effectuer une fibroscopie.

Si l’infection est confirmée, votre médecin généraliste ou le gastroentérologue vous prescrira le traitement pour éliminer la bactérie, ainsi que le test de contrôle qui permet de vérifier, après le traitement, si elle a bien été éliminée.

 

- Comment la bactérie Helicobacter pylori se transmet-elle ?

La bactérie se développe uniquement dans l’estomac. La transmission se fait le plus souvent pendant l’enfance, par contact direct avec les liquides de l’estomac (régurgitations, vomissements) ; les autres voies de transmission (contact avec les selles, eau ou aliments contaminés par des selles) sont extrêmement rares. L’infection est favorisée par de mauvaises conditions d’hygiène et la promiscuité.

 

- Mon médecin me propose de rechercher si je suis infecté(e), quels examens permettent de le savoir ?

Généralement, la recherche de l’infection est effectuée grâce à une fibroscopie au cours de laquelle des échantillons de la paroi de l’estomac sont prélevés. La fibroscopie et l’analyse des prélèvements permettent de rechercher la présence de la bactérie H. pylori, et de détecter d’éventuelles lésions ulcéreuses ou précancéreuses qu’elle a pu causer. Lorsque cela est possible, un examen des échantillons prélevés est aussi réalisé pour évaluer la sensibilité de la bactérie vis-à-vis des antibiotiques disponibles et ainsi choisir le traitement adapté (si l’infection est confirmée).

Dans le cas des patients qui ne présentent pas de symptôme digestif ni de facteur de risque de développer un cancer, un examen par prise de sang peut être proposé en premier lieu pour détecter les anticorps produits par l’organisme pour lutter contre la bactérie. C’est ce qu’on appelle une sérologie. Si le résultat est négatif, il n’y a pas d’infection ; il n’est donc pas nécessaire de réaliser une fibroscopie. C’est seulement si le résultat est positif qu’une fibroscopie avec prélèvements sera réalisée.

En dehors de la sérologie, deux autres examens (pratiqués en laboratoire de biologie médicale) permettent de rechercher efficacement l’infection quand une fibroscopie n’est pas nécessaire : le test respiratoire à l’urée marquée (non remboursé par l’assurance maladie dans cette situation de recherche de la bactérie) et la recherche d’antigènes dans les selles (non remboursée par l’assurance maladie).

 

- Je suis infecté(e) par Helicobacter pylori, est-ce que je risque de la transmettre ?

La bactérie se développant uniquement dans l’estomac, elle est beaucoup moins facilement transmissible que d’autres bactéries. Le risque de contamination à l’âge adulte est très faible. Les mesures d’hygiène habituelles, et en particulier se laver soigneusement les mains avant de cuisiner ou de manger et après être allé aux toilettes, restent nécessaires.

 

- Quels sont les troubles causés par l’infection ?

L’infection par la bactérie H. pylori provoque une inflammation chronique de la paroi de l’estomac, appelée gastrite. Celle-ci persiste tant que la bactérie est présente, et parfois toute la vie si l'infection n'est pas traitée. L’inflammation passe le plus souvent inaperçue mais il arrive qu’elle provoque des troubles digestifs (gêne, douleurs). Dans de rares cas, avec le temps, elle peut aussi évoluer vers un ulcère, plaie plus ou moins profonde de la paroi de l’estomac ou du duodénum, ou plus rarement vers un cancer de l’estomac.

Parmi les personnes infectées, 10 % développeront un ulcère et 1 % développeront un cancer de l’estomac.

 

- Est-ce que je peux guérir de l’infection si je modifie mon alimentation ?

Non, l’infection ne peut pas être traitée par un changement d’alimentation. Adapter son alimentation peut cependant permettre d’atténuer l’irritation de l’estomac (gêne et douleurs).

 

- Peut-on guérir de l’infection ?

Oui. Le traitement repose sur la prise de plusieurs antibiotiques et d’un médicament qui réduit l’acidité de l’estomac (appelé inhibiteur de la pompe à protons ou IPP) et dure 10 jours ou 14 jours selon les protocoles. Il permet d’éliminer l’infection dans 80 à 90 % des cas.

Dans 10 à 20 % des cas, le traitement peut échouer soit parce que la bactérie résiste aux antibiotiques utilisés, soit en raison des difficultés rencontrées par les patients à suivre le traitement.

Si le premier traitement n’a pas éliminé la bactérie, le médecin proposera un nouveau traitement composé d’antibiotiques différents du premier afin de contourner le problème de résistance de la bactérie.

En raison de ce risque d’échec du traitement, il est indispensable de contrôler si l’infection a bien été éliminée.  Voir la question : Le médecin m’a prescrit un test respiratoire à l’urée marquée pour vérifier l’élimination de l’infection. A quoi cela sert-il et en quoi consiste-t-il ?

  

- Quels sont les bénéfices à éliminer l’infection ?

L’élimination de l’infection présente plusieurs avantages : elle fait disparaître l’inflammation de l’estomac et les troubles digestifs qu’elle peut provoquer, et elle empêche le développement ou la récidive des ulcères de l’estomac et du duodénum. Elle permet aussi de réduire le risque de développer un cancer de l’estomac, d’autant plus si l’infection est traitée tôt.

 

- Y a-t-il des contre-indications au traitement de l’infection par H. pylori ?

Oui. Le traitement ne doit pas être réalisé tant que vous êtes enceinte ou que vous allaitez ; dans ces cas, il doit être reporté (le traitement ne présentant pas de caractère d’urgence).

 

- Quels sont les effets secondaires du traitement ?

Le traitement peut entraîner nausées, diarrhée, vomissements, perte d’appétit, altération du goût (notamment sensation de goût métallique), digestion difficile, maux de tête, vertiges. Ces troubles peuvent être très gênants. Il est donc préférable de réaliser le traitement au moment où il vous dérangera le moins dans votre vie quotidienne et où vous pourrez le suivre jusqu’au bout (durée de 10 jours ou 14 jours selon les protocoles).

En cas de difficultés à suivre le traitement ou de troubles inhabituels ou trop gênants,demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

 

- Quelles sont les précautions à prendre durant le traitement ?

Il est conseillé de ne pas consommer d’alcool pendant le traitement (risque de réactions telles que rougeur du visage, chaleur, vomissements, accélération du rythme cardiaque), notamment en cas de traitement par Pylera® ou contenant du métronidazole.

Il est recommandé d’éviter de s’exposer au soleil et aux rayons UV pendant le traitement (risque de réactions allergiques liées à l’effet photosensibilisant de certains médicaments), notamment en cas de traitement par Pylera® ou contenant de la lévofloxacine.

 

- Existe-t-il d’autres médicaments que les antibiotiques pour éliminer l’infection ?

Non, il n’existe pas d’autre moyen que le traitement à base d’antibiotiques pour détruire la bactérie.

 

- Quelle est la particularité du traitement par le médicament Pylera® ?

Le Pylera® est composé d’antibiotiques et d’un médicament à base de bismuth. Il est associé à un autre médicament qui réduit l’acidité de l’estomac (oméprazole).

Outre les précautions à prendre (éviter la consommation d’alcool et l’exposition au soleil et aux rayons UV), ce traitement repose sur une posologie stricte : 3 gélules de Pylera® 4 fois par jour et 2 prises d’oméprazole par jour, à prendre pendant 10 jours (cette durée ne devant pas être dépassée).

Le Pylera® peut entraîner des effets secondaires, habituellement sans gravité, comme des troubles digestifs (douleurs abdominales, nausées, altération du goût). Dans de rares cas, des troubles neurologiques (maux de tête, vertiges, sensations anormales, tremblements, somnolence, fatigue) peuvent survenir ; il est nécessaire de consulter rapidement le médecin car ces troubles peuvent nécessiter l’arrêt du traitement (le cas échéant, un traitement différent sera prescrit).

 

- En quoi consiste l’étude de la sensibilité de la bactérie vis-à-vis des antibiotiques ?

Comme toute bactérie, H. pylori est capable de s’adapter aux antibiotiques auxquels elle est exposée et de devenir résistante à leur action. D’une personne à l’autre, la bactérie n’est pas nécessairement résistante aux mêmes antibiotiques. C’est pourquoi, lorsque cela est possible, un examen appelé antibiogramme est réalisé sur les échantillons prélevés sur la paroi de l’estomac lors de la fibroscopie ; il permet de déterminer les antibiotiques auxquels la bactérie est restée sensible, et ainsi de choisir ceux qui seront les plus efficaces pour la détruire. L’antibiogramme est remboursé par l’assurance maladie. Le nombre de laboratoires réalisant cet examen reste à ce jour limité.

 

- Que se passera-t-il si j’arrête le traitement en cours de route ?

Si le traitement n’est pas bien suivi (nombre de prises et/ou durée du traitement non respectés), il se peut que les bactéries ne soient pas complètement détruites et qu’elles deviennent alors résistantes aux antibiotiques. Si tel est le cas, vous devrez reprendre un autre traitement, à base d’antibiotiques différents, pour contrer cette résistance et pouvoir éliminer totalement les bactéries.

Si vous avez des difficultés à suivre le traitement, informez-en votre médecin qui vous conseillera sur la conduite à tenir.

 

- Le médecin m’a prescrit un test respiratoire à l’urée marquée pour vérifier l’élimination de l’infection. À quoi cela sert-il et en quoi consiste-t-il ?

En raison du risque d’échec du traitement (10 à 20 % des cas), un test de contrôle est indispensable pour vérifier si la bactérie a bien été éliminée. Il peut être effectué à compter d’un mois après la fin du traitement.

L’examen recommandé est le test respiratoire à l’urée marquée. Il est prescrit par le médecin, disponible en pharmacie et réalisé dans un laboratoire de biologie médicale. Ce test simple repose sur une propriété spécifique de la bactérie : sa capacité à transformer l'urée en gaz carbonique. Il consiste à avaler une solution d'urée marquée puis à recueillir l’air expiré. Si l'air expiré contient du gaz carbonique lui aussi marqué, cela signifie que la bactérie a transformé l’urée en gaz carbonique et donc qu’elle est présente.

Le test doit être réalisé à jeun (ni aliment, ni boisson, ni tabac depuis au moins 12 heures). En cas de traitement par un médicament qui réduit l’acidité de l’estomac (inhibiteur de la pompe à protons ou IPP) en cours, celui-ci devra être interrompu au moins deux semaines avant le test. Il est à noter que le test respiratoire est contre-indiqué chez la femme enceinte ou qui allaite.

 

- En dehors du test respiratoire à l’urée marquée, d’autres examens permettent-ils de contrôler l’élimination de l’infection ?

Dans les cas où une nouvelle fibroscopie est réalisée après le traitement (ulcère de l’estomac notamment), le test respiratoire n’est pas utile car la fibroscopie permet de confirmer l’élimination de la bactérie.

La recherche d’antigène dans les selles est un autre test efficace pour contrôler l’élimination de la bactérie. Elle peut être utilisée à la place du test respiratoire, mais elle n’est pas remboursée par l’assurance maladie.

Attention : l’examen par prise de sang qui vise à rechercher les anticorps témoins de la bactérie (sérologie) ne peut pas être utilisé pour contrôler son élimination. Les anticorps peuvent en effet persister longtemps dans l’organisme après la disparition de la bactérie.

 

- Mon traitement n’a pas fonctionné. Pourquoi ?

Le traitement est efficace dans 80 à 90 % des cas. Dans 10 à 20 % des cas, il peut échouer soit parce que la bactérie résiste aux antibiotiques utilisés, soit en raison des difficultés rencontrées par les patients à suivre le traitement.

Si le premier traitement n’a pas éliminé la bactérie, le médecin proposera un nouveau traitement composé d’antibiotiques différents du premier afin de contourner le problème de résistance de la bactérie. Le test permettant de confirmer l’élimination de l’infection devra à nouveau être réalisé, dans les mêmes conditions, après ce second traitement (à compter d’un mois après la fin du traitement).

 

- Est-ce que je peux à nouveau être infecté(e) après avoir été traité(e) ?

Une fois l’élimination de la bactérie confirmée, une récidive de l’infection est possible mais rare chez l’adulte, dans les pays occidentaux (2 à 3 % par an). De ce fait, la recherche ultérieure d’une nouvelle infection n’est pas recommandée.

 

- Comment puis-je améliorer l’efficacité de mon traitement ?

Il est nécessaire de respecter, avec précision, les prises et la durée du traitement. En cas d’effets secondaires, voyez avec votre médecin comment poursuivre le traitement dans de meilleures conditions.

 

- Quel est le risque de développer un cancer de l’estomac quand on est infecté par H. pylori ?

Parmi les personnes infectées par H. pylori, 1 % développent un cancer de l’estomac.

Même si ce risque est faible, il est important de traiter l’infection par H. pylori quand elle a été diagnostiquée, car elle est la principale cause des cancers de l'estomac (80 % des cas). Plus le traitement a lieu tôt, plus il est efficace pour réduire le risque d’apparition de ce cancer.

 

- Je suis infecté(e) par H. pylori, dois-je prévenir mes proches pour qu’ils se fassent dépister ?

La recherche d’H. pylori n’est pas justifiée pour vos proches, sauf dans deux situations :

  • Ils présentent eux-mêmes des symptômes liés à une maladie de l’estomac (gêne, douleur).
  • Des lésions précancéreuses ou cancéreuses ont été détectées dans votre estomac. Dans ce cas, il est important d’informer les membres de votre famille (père, mère, frères, sœurs, enfants) de l’importance de rechercher l’infection par H. pylori et, le cas échéant, de la traiter afin de réduire le risque de survenue de ce cancer. Les proches d’un patient atteint d’un cancer de l’estomac ont en effet un risque plus important que la population générale d’en développer un.
Mis en ligne le 26 Mar 2019
Le Webzine de la HAS
Accès au Webzine de la HAS



medecin Rechercher un médecin accrédité

Vos interlocuteurs

Évaluation de la pertinence des soins et amélioration des pratiques et des parcours