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Post-AVC : quatre messages-clés pour une rééducation optimale

Article HAS - Mis en ligne le 06 sept. 2019

Votre patient a été victime d’un accident cardio-vasculaire (AVC) ? Seule une rééducation précoce et adaptée à ses besoins lui offre toutes les chances de récupérer un maximum d’autonomie. Quatre messages-clés pour une prise en charge post-AVC optimale, en soins de suite et de réadaptation comme en ville.

Examen medical senior

L'essentiel en 4 points

  1.  L’évaluation initiale est menée dès l’hospitalisation par des médecins et rééducateurs spécialisés.
  2.  Les besoins en rééducation/réadaptation tiennent compte de la sévérité de l’AVC, des déficits du patient et du pronostic de leur évolution.
  3.  La décision d’orientation dans les parcours adaptés nécessite une consultation pluridisciplinaire et la prise en compte des préférences du patient, de son entourage.
  4.  La rééducation/réadaptation doit être initiée précocement et pratiquée de manière intensive (séances d’au moins 45 mn, au moins 5 jours par semaine), en privilégiant une prise en charge multidisciplinaire et coordonnée à l’instar des soins proposés dans les structures de soins de suite et de réadaptation (SSR) spécialisées dans les « affections du système nerveux ».

 

1er message-clé : évaluer la situation du patient le plus tôt possible

Le parcours de rééducation/réadaptation (RR) des patients commence dès l’hospitalisation par l’évaluation initiale réalisée dans les premières heures après l’admission, par un médecin ayant une expertise neuro-vasculaire (médecin neurologue, gériatre ou spécialisé en médecine physique et de réadaptation).

L’évaluation initiale a pour objectif d’évaluer :

  • les déficits ;
  • la sévérité de l’AVC ;
  • le pronostic de récupération.

 

2e message-clé : définir les besoins en rééducation/réadaptation

Les professionnels impliqués (médecins physiques réadaptateurs, rééducateurs paramédicaux) évaluent les déficits et les besoins en rééducation/réadaptation.
Le recours aux outils standardisés validés est recommandé pour évaluer les déficits et en mesurer l’évolution.
Après l’évaluation initiale cette réévaluation permet, tenant compte de l’évolution, de conforter le pronostic de récupération, d’identifier les difficultés associées pour finaliser le programme de RR.

 

3e message-clé : déterminer l’orientation du patient dans le cadre de consultations pluridisciplinaires, en intégrant ses préférences, son entourage

Les choix d’orientation et de contenu des parcours devraient être déterminés à partir de consultations pluridisciplinaires en impliquant les équipes des unités neuro-vasculaires (UNV) et les équipes d’aval (équipes de soins de proximité, équipes des soins de suite et de réadaptation. L’assistante sociale et l’ergothérapeute devraient être impliqués, en particulier lorsqu’un retour au domicile est envisagé. Les soins de proximité ne sont pas véritablement organisés pour une prise en charge pluriprofessionnelle coordonnée : le retour au domicile devrait donc être réservé à l’AVC léger et aux situations de mono-déficience n’impliquant qu’un seul rééducateur. Le programme d’aide au retour à domicile (Prado) AVC de l’Assurance maladie peut être sollicité dans ce contexte.
Les préférences du patient et de ses proches doivent être recueillies et prises en compte.

 

4e message-clé : initier le parcours de rééducation/réadaptation le plus tôt possible

Pour être efficace, la rééducation/réadaptation doit être initiée précocement et pratiquée de manière intensive avec des séances d’au moins 45 minutes par type de rééducation, 5 à 7 jours par semaine. 
Le recours aux SSR spécialisés « ASN » devrait être privilégié car les SSR polyvalents et les SSR spécialisés « personnes âgées polypathologiques » ne disposent pas toujours des ressources (rééducateurs spécialisés) adaptées aux besoins des patients ayant subi un AVC.
Au terme de la rééducation de la phase subaiguë (3 à 6 mois), l’orientation du patient vers la phase chronique du parcours de RR doit être anticipée et préparée (modalités de retour à domicile, aménagement du lieu de vie, transfert en institution, accompagnement des aidants…).

 

L’efficacité globale de la rééducation/réadaptation post-AVC est démontrée

La rééducation/réadaptation permet de réduire de manière significative la mortalité, la dépendance et le risque d’institutionnalisation. L’organisation des soins a une influence sur les résultats qui sont significativement en faveur de pratiques multidisciplinaires et coordonnées, quelle que soit la sévérité de l’AVC.

 

* Propos recueillis par Arielle Fontaine (HAS) & Citizen press

 

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