Bronchiolite aiguë : la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n’est plus recommandée

Actualité - Mis en ligne le 20 nov. 2019 - Mis à jour le 21 déc. 2022

La bronchiolite aiguë du nourrisson de moins de 12 mois est une pathologie fréquente qui n’impose que rarement l’hospitalisation. À domicile, seule une désobstruction systématique et pluriquotidienne des voies aériennes supérieures est recommandée. La kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n’est aujourd’hui plus recommandée en cas de 1er épisode. Les formes graves relèvent d’une hospitalisation systématique. Explications de Sophie Blanchard*, docteures-sciences, chef de projet au service des bonnes pratiques professionnelles à la HAS.

L’essentiel

  • 3 niveaux de gravité à la bronchiolite aiguë (légère, modérée, grave) et une prise en charge qui varie selon ces différents niveaux :
    • Formes légères : prise en charge à domicile ;
    • Formes modérées : le plus souvent prise en charge à domicile, hospitalisation au cas par cas en fonction des critères de vulnérabilité du nourrisson et de l’évolution ;
    • Formes graves : hospitalisation systématique.
  • La désobstruction des voies aériennes supérieures est systématique, pluriquotidienne, et sans aspirations nasopharyngées.

 

Évaluation initiale

Elle se fonde sur l’état général et l’examen clinique du nourrisson, les critères de gravité et les critères de vulnérabilité qui nécessitent une vigilance accrue.

Lors de l’examen du nourrisson, le médecin de premier recours procède d’abord à la libération des voies supérieures puis il évalue son état général, recherche les modifications du comportement : est-ce qu’il est hypotonique, moins réactif ou très agité ? Se plaint-il par des geignements ? L’impression clinique est-elle globalement mauvaise ? Il évalue aussi la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque, la saturation en oxygène, il regarde si les muscles respiratoires accessoires sont sollicités, il se renseigne auprès des parents sur la prise alimentaire.
Certains éléments doivent nous mettre sur nos gardes car ils sont associés à un risque d’hospitalisation : nourrisson âgé de moins de 2 mois, prématurité (< 36 semaines d’aménorrhée), contexte social ou économique défavorable, certaines comorbidités*.
Cette évaluation permet de définir 3 niveaux de gravité (légère, modérée, grave) qui entraînent des prises en charge différentes. Une check-list peut vous aider à évaluer le niveau de gravité de la bronchiolite du nourrisson à l’aide d’un arbre décisionnel.

 

Prise en charge pour les formes légères

Pour les formes légères de bronchiolite aiguë (BA), la prise en charge ne relève pas de l’hôpital. Vous pourrez expliquer aux parents comment fractionner les apports alimentaires et comment aider leur enfant à mieux respirer grâce aux techniques de désobstruction des voies aériennes supérieures, sans aspirations nasopharyngées. Cette désobstruction doit être systématique et faite plusieurs fois par jour. La kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n’est pas recommandée.
Vous pourrez également remettre aux parents l'infographie (en lien ci-dessous) avec la liste des signes qui doivent les inciter à consulter à nouveau – par exemple une respiration plus rapide ou une gêne importante pour respirer – et ceux qui nécessitent d’appeler le 15 (malaise, pauses respiratoires, refus de boire…).

 

Quand hospitaliser

Dans les formes modérées, l'hospitalisation doit être discutée au cas par cas : on hospitalise par exemple les nourrissons âgés de moins de 2 mois, ceux qui ne se nourrissent plus assez, qui ont besoin d’une oxygénothérapie ou en cas de contexte socio-économique défavorable. Dans les formes graves, l’hospitalisation est systématique.

La bronchiolite aiguë dure en moyenne 10 jours. Il convient de tenir compte des 48 premières heures par rapport au début des symptômes respiratoires, période pendant laquelle l’état du nourrisson est susceptible de s'aggraver.

Quand c’est nécessaire, il est essentiel d’assurer une surveillance pluridisciplinaire de ces nourrissons afin de ne pas les perdre de vue pendant cette période critique.

Le médecin de soins primaires s’assurera de la mise en place des mesures éducatives et de surveillance adaptées à l’évaluation du nourrisson par les professionnels de premier recours et les réseaux bronchiolite.

 

Prise en charge à l'hôpital

À l’hôpital, on peut mettre en place une oxygénothérapie, décider d’une antibiothérapie en cas d’infection bactérienne concomitante et assurer une alimentation adaptée aux besoins de l’enfant : fractionnée, entérale ou parentérale.

Aujourd’hui, les techniques de kinésithérapie respiratoire par drainage postural, vibration et clapping sont contre-indiquées dans la bronchiolite aiguë. La kinésithérapie respiratoire par augmentation de flux expiratoire (AFE) n’est pas recommandée chez le nourrisson hospitalisé. On ne propose la kinésithérapie respiratoire qu’aux enfants qui souffrent par exemple d’une pathologie respiratoire chronique ou d’une maladie neuromusculaire.
Dans les cas les plus lourds – présence d’apnées, épuisement respiratoire, augmentation rapide des besoins en oxygène – l’enfant sera pris en charge en soins intensifs ou en réanimation.

 

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* Propos recueillis par Arielle Fontaine (HAS) et Citizen press


* Cardiopathie congénitale avec shunt, pathologie pulmonaire chronique dont dysplasie broncho-pulmonaire, déficit immunitaire, pathologie neuromusculaire, polyhandicap.