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Pertinence des actes d’imagerie cervicale chez l’adulte en cas de cervicalgie non traumatique ou après un traumatisme cervical

Outil d'amélioration des pratiques professionnelles - Mis en ligne le 09 déc. 2020

Pertinence de l’imagerie cervicale en cas de cervicalgie non traumatique

Les cervicalgies non traumatiques sont fréquentes. Il s'agit le plus souvent de cervicalgies communes, sans signes d’alerte (drapeaux rouges) orientant vers une atteinte nécessitant une prise en charge spécifique et/ou urgente ; leur évolution est dans la majorité des cas spontanément favorable. Plus rarement, les cervicalgies sont secondaires à une maladie inflammatoire rhumatismale, infectieuse, vasculaire ou tumorale.

  • En cas de cervicalgie non traumatique, l’imagerie cervicale :
    • est indiquée d’emblée en cas d’épisode de cervicalgie associée à des drapeaux rouges ;
    • doit se discuter en cas d’épisode de cervicalgie commune persistant plus de 4 à 6 semaines ;
    • n’est pas indiquée en cas d’épisode de cervicalgie commune (avec ou sans radiculalgie) évoluant depuis moins de 4 à 6 semaines.
  • Choix de l’imagerie cervicale de 1ère intention lorsqu’elle est indiquée :
    • si signes évoquant une maladie inflammatoire rhumatismale, infectieuse ou tumorale : IRM ;
    • si signes de dissection artérielle cervicale : angio-IRM ;
    • si cervicalgie commune persistant plus de 4 à 6 semaines : IRM si présence de radiculalgie, radiographies si absence de radiculalgie ;
    • avant un geste invasif : IRM.

Pertinence de l’imagerie cervicale en cas de cervicalgie après un traumatisme cervical non pénétrant chez l’adulte

Les traumatismes non pénétrants du rachis cervical représentent un motif fréquent de consultation aux urgences.
Seuls 2 à 3 % des personnes, sans trouble de conscience, consultant pour un traumatisme du rachis cervical présentent des lésions « significatives » du rachis. La cervicalgie, fréquente, évolue favorablement dans environ la moitié des cas.

  • En cas de cervicalgie après un traumatisme cervical non pénétrant, dans le contexte de l’urgence, l’imagerie cervicale est indiquée :
    • chez les patients instables [1] ou présentant des troubles de conscience ou des signes neurologiques ;
    • si elle est préconisée par l’une des deux règles suivantes : National Emergency X-Radiography Utilization Study(NEXUS) ou Canadian C-Spine (Cf. annexe) ;
    • chez les sujets de 65 ans ou plus ;
    • en cas de rachis ankylosé (spondyloarthrite ankylosante, hyperostose, etc.) ;
    • si une dissection artérielle cervicale est suspectée.

Dans les autres cas, l’imagerie cervicale n’est pas indiquée.

  • Choix de l’imagerie cervicale lorsqu’elle est indiquée :
    • scanner en 1ère intention ;
    • complété par :
      • une injection si découverte d’une lésion osseuse à risque vasculaire ;
      • une IRM si suspicion d’une lésion médullaire, discale ou ligamentaire ;
  • Angio-IRM en 1ère intention si une dissection artérielle cervicale est suspectée.

 

 

 

[1] Pression systolique < 90mmHg ou fréquence respiratoire < 10 ou > 24 respirations/minutes.

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