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Covid-19 : diagnostiquer et prendre en charge les adultes présentant des symptômes prolongés

Communiqué de presse - Mis en ligne le 12 févr. 2021
12 février 2021

Plusieurs semaines après la maladie, un nombre important de personnes infectées par le SARS-CoV-2 présentent encore des symptômes. La Haute Autorité de Santé publie des Réponses rapides pour aider les professionnels de santé à identifier et prendre en charge ces patients  . Les objectifs sont de proposer une approche globale, pragmatique et adaptée aux symptômes de chaque patient, avec écoute et empathie, tout en évitant les examens non pertinents.

Plus de 20 % des patients présentent encore au moins un des symptômes initiaux de la Covid-19 cinq semaines après le début de la maladie, et plus de 10 % à 6 mois. Ce temps de récupération, plus ou moins long, fluctue en fonction des patients, sans que l’on comprenne complètement pourquoi. Bon nombre de médecins, qui découvrent cette maladie encore mal connue, peuvent se sentir démunis pour prendre en charge les patients qui présentent des symptômes prolongés de la Covid-19.

À la demande du ministère des Solidarités et de la Santé, et afin d’aider les professionnels de santé qui interviennent en premier recours, la Haute Autorité de Santé a mis en place un groupe de travail constitué d’une quinzaine de professionnels de santé et diverses associations de malades pour définir la prise en charge optimale qui doit être proposée à ces patients, souvent inquiets. Il apparaît que l’état de santé s’améliore de façon progressive, en général en quelques mois, grâce à une prise en charge globale personnalisée pouvant inclure des traitements symptomatiques, du repos et une réadaptation respiratoire et/ou un réentraînement progressif à l’effort. En complément de ces réponses rapides, la HAS publie également 10 fiches techniques précisant les explorations cliniques et paracliniques nécessaires et les éléments de traitement de premier recours pour les principaux symptômes ou atteintes d’organe identifiés.

Reconnaître la souffrance des patients

La Haute Autorité de Santé précise que 3 critères permettent de repérer les patients souffrant de symptômes prolongés de la Covid-19 : ils ont présenté une forme symptomatique de Covid-19, ils présentent un ou plusieurs symptômes initiaux, 4 semaines après le début de la maladie et aucun de ces symptômes ne peut être expliqué par un autre diagnostic.

La consultation médicale doit donc à la fois comprendre une évaluation de l’état de santé actuel du patient pour, notamment, identifier les facteurs déclenchant la survenue des symptômes et évaluer leur impact sur la qualité de vie, et une évaluation de l’épisode initial. Les professionnels de santé doivent s’assurer que ces symptômes ne sont pas en rapport avec des complications de l’infection passées inaperçues ou des décompensations des morbidités sous-jacentes.
Les symptômes prolongés sont multiples. Les plus fréquents sont : une fatigue majeure, un essoufflement, des douleurs notamment thoraciques à type d’oppressions, de palpitations, des troubles de la concentration et de la mémoire, des troubles de l’odorat et du goût, des symptômes cutanés…

La Haute Autorité de Santé attire l’attention sur le fait que la Covid-19 est une maladie encore mal connue, dont les manifestations, très variables, peuvent fluctuer dans le temps et d’une personne à l’autre : ceci génère beaucoup d’inquiétude et d’interrogations, tant du côté des patients que des cliniciens. Elle invite par conséquent les médecins à faire preuve d’écoute et d’empathie envers leurs patients souffrant de symptômes prolongés, et à les rassurer quant aux possibilités de prise en charge et au caractère temporaire et réversible de leur situation.

Une prise en charge globale individualisée qui repose en partie sur le patient

À l’issue de cette consultation, le médecin devra proposer un projet de soins personnalisé, assorti d’objectifs réalisables (être soulagé plutôt que guéri par exemple), et d’un suivi dont il aura discuté et convenu avec son patient (son entourage ou ses soignants si nécessaire). Outre des traitements symptomatiques adaptés, la rééducation est un aspect important dans la prise en charge des patients présentant des symptômes prolongés de la Covid-19. Pour chacun des 10 symptômes ou groupes de symptômes les plus fréquemment retrouvés, la HAS a élaboré une fiche spécifique détaillant la prise en charge et les éventuels traitements à prescrire (voir annexe).

La Haute Autorité de Santé considère que l’implication des patients souffrant de symptômes prolongés de la Covid-19 participe du succès de leur prise en charge. Elle invite donc les médecins à motiver leurs patients pour qu’ils identifient eux-mêmes les circonstances et les efforts qui déclenchent leurs symptômes, afin qu’ils soient en mesure de les gérer eux-mêmes. La HAS conseille de leur fournir toute l’information dont ils peuvent avoir besoin pour s’investir dans leur rééducation ou leur réadaptation à l’effort : listes de contacts, sources de conseils fiables (groupes de soutien, associations de patients), sources d’information validées sur la Covid-19, services sociaux...

La Haute Autorité de Santé rappelle par ailleurs les bienfaits d’une bonne hygiène de vie assortie d’une activité physique quotidienne, dans la mesure des capacités du patient. En cas d’altération physique marquée, un réentrainement à l’effort conduit par un kinésithérapeute formé peut aider. Une prise en charge psychologique, fondée sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), et si nécessaire psychiatrique, peut également s’avérer utile.

En l’absence d’améliorations malgré un traitement bien mené, ou en cas de symptômes ou de complications d’emblée sévères, la Haute Autorité de Santé invite les praticiens de premier recours à orienter les cas les plus « complexes », à des organisations territoriales pluridisciplinaires et pluriprofessionnelles en relation avec des médecins expérimentés dans la prise en charge des patients ayant des symptômes prolongés de la Covid-19.

La Haute Autorité de Santé ne recommande pas les régimes alimentaires d’exclusion, les vitamines et suppléments en vente libre, inutiles et potentiellement nocifs en automédication. Elle ne recommande pas davantage les approches de médecine alternative (acupuncture, auriculothérapie, ostéopathie...), qui n’ont pas été évaluées dans ce contexte.

La recherche continue

La Haute Autorité de Santé rappelle qu’une action nationale coordonnée de recherche a été créée, portant prioritairement sur l’épidémiologie des symptômes prolongés, la recherche des mécanismes physiopathologiques à l’origine de ces symptômes, l’étude de leur impact sur la qualité de vie, et la recherche d’approches thérapeutiques. Ces travaux devraient permettre de mieux comprendre la Covid-19 et conduire, une fois que les données seront suffisantes, à proposer des recommandations de bonnes pratiques aux professionnels de santé.

Les Réponses rapides publiées aujourd’hui seront actualisées en fonction de l’avancée des connaissances.

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