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Avis n°2022.0037/AC/SESPEV du 16 juin 2022 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la vaccination des primovaccinés et des populations pédiatriques contre le virus Monkeypox

Avis et décisions de la HAS - Mis en ligne le 20 juin 2022

Stratégie vaccinale à mettre en œuvre pour les personnes vaccinées contre la variole dans l’enfance (« primovaccinées ») et les populations pédiatriques ayant été en contact avec une personne infectée par le virus Monkeypox en France

A qui s’adresse cet avis ?

Il s’adresse aux décideurs publics et fait suite à une saisine du Directeur Général de la santé en date du 9 juin 2022

Quels sont les objectifs de cet avis ?

Préciser la stratégie vaccinale à mettre en œuvre pour les personnes antérieurement vaccinées contre la variole avec un vaccin de 1ère génération dans l’enfance (dites « primovaccinées ») et les populations pédiatriques ayant été en contact avec une personne infectée par le virus Monkeypox en France.

Principales conclusions de la recommandation :

Dans le contexte d’alerte sanitaire actuel, marqué par une progression rapide du nombre de cas d’infection à virus Monkeypox en Europe et notamment en France où il ne circule pas de façon endémique, conformément à l’avis de l’ANSM du 15 juin 2022 et malgré des données cliniques limitées, la HAS :

  • Recommande que pour les personnes ayant bénéficié d’une vaccination antivariolique avec un vaccin de 1ère génération avant 1980 et répondant à la définition de contacts à risque, une seule dose de vaccin Imvanex soit administrée. Un document justifiant de la vaccination et/ou une cicatrice gaufrée au point d’injection et cohérente avec une histoire de vaccination antivariolique constitue une preuve d’une vaccination antivariolique préalable. Pour les sujets immunodéprimés précédemment vaccinés, un schéma à 3 doses reste recommandé ;
  • Propose que la vaccination réactive des enfants contacts à risque (tels que définis par SpF) puisse être envisagée pour protéger les enfants exposés et possiblement plus susceptibles de développer des formes sévères de la maladie, en particulier les plus fragiles et les immunodéprimés. Toutefois, en l'absence de donnée clinique de sécurité des vaccins de 3ème génération en population pédiatrique (des données de sécurité indirectes, rassurantes, étant néanmoins disponibles), la HAS recommande que la vaccination des mineurs ne soit envisagée qu’au cas par cas, par les seuls spécialistes et après une évaluation stricte des bénéfices et des risques pour le mineur concerné, dans le cadre d’une décision médicale partagée, et avec le consentement des parents (ou du responsable légal de l’enfant) quand il est requis, et de l’adolescent le cas échéant.
  • Recommande l’accélération de la conduite des essais cliniques en population pédiatrique évaluant l’efficacité et la sécurité des vaccins antivarioliques de troisième génération en vue d’une extension d’indication en population pédiatrique par l’EMA ;

La HAS adaptera cette recommandation préliminaire dès que les données issues des essais cliniques en population pédiatrique seront disponibles et en fonction des nouvelles données épidémiologiques et cliniques. La HAS sera également particulièrement attentive aux données de surveillance en temps réel sur le profil de sécurité du vaccin permise par la mobilisation, par l’ANSM, des Centres régionaux de pharmacovigilance. La HAS souligne l’importance de disposer prochainement de :

  • Données de suivi de l’épidémie ;
  • Données plus précises sur le mode transmission interhumaine pour les cas actuellement identifiés ;
  • Données en vie réelle complémentaires relatives à l’efficacité et à la tolérance du vaccin antivariolique de 3ème génération, administré en pré exposition et en post exposition au virus de Monkeypox, sur la prévention des formes graves et sur la transmission de la maladie dans les différents sous-groupes de population ;
  • Données relatives à l’efficacité et à la tolérance d’une dose de rappel chez les personnes qui ont été vaccinées contre la variole dans leur enfance.

La HAS rappelle par ailleurs la nécessité de respecter les mesures de prévention de la transmission du virus Monkeypox en milieu hospitalier et au domicile, telles que préconisées par le HCSP dans son avis du 24 mai 2022 relatif à la conduite à tenir autour d’un cas suspect, probable ou confirmé d’infection à Monkeypox virus.

 

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