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VEKLURY (remdésivir) - COVID-19

Avis sur les Médicaments - Mis en ligne le 13 janv. 2023

Nature de la demande

Extension d'indication

Nouvelle(s) indication(s).

L’essentiel

Avis favorable au remboursement sous réserve de la sensibilité de la souche de SARS-CoV-2 vis-à-vis du remdesivir, dans les populations recommandées et lorsque les patients ne peuvent tirer le meilleur bénéfice du PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir) notamment en raison de contre-indications ou de résistance, dans l’indication suivante : « traitement de la maladie COVID-19 chez les adultes et les patients pédiatriques (pesant au moins 40 kg) qui ne nécessitent pas une oxygénothérapie et qui sont à risque accru d’évolution vers une forme sévère de la COVID-19 ».

Quel progrès ?

Pas de progrès thérapeutique dans la prise en charge.

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

En raison de la circulation actuelle et majoritaire en France du variant Omicron BA.5 et de ses sous-lignages, en particulier le BQ.1.1 (94 % des tests criblés) ayant conduit à l’actualisation des recommandations nationales, la stratégie de traitement curatif précoce visant à prévenir l’évolution vers une forme sévère chez les patients à risque repose sur (cf. DGS-Urgent N°2022-86 du 22/12/2022) :

  • PAXLOVID (nirmatelvir/ritonavir), en première intention quel que soit le variant ou le sous-lignage de SARS-CoV-2 à l’origine de l’infection, particulièrement à partir de 65 ans quel que soit le statut vaccinal et les éventuelles comorbidités ;
  • en cas de contre-indication au PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir) notamment liée aux interactions médicamenteuses ET en l’absence de contre-indication rénale, VEKLURY (remdesivir), en deuxième intention du fait d’une efficacité in vitro maintenue quel que soit le variant.

A noter que les anticorps monoclonaux ne sont plus recommandés dans le contexte épidémique actuel. Cependant, le COVARS indique dans son avis du 19 décembre 2022 que le sotrovimab (XEVUDY) peut être discuté en cas de contre-indication au PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir).

Place du médicament

Malgré les nombreuses incertitudes cliniques sur l’efficacité du VEKLURY (remdesivir) dans un contexte de stratégies thérapeutiques très rapidement évolutives, la place du VEKLURY (remdesivir) a été définie en considérant son utilité potentielle pour certains patients à très haut risque d’évolution vers une forme sévère de COVID-19.

La Commission considère que VELURY (remdesivir) pourrait constituer une option thérapeutique dans la prise en charge des patients adultes et enfants (pesant au moins 40 kg) qui ne nécessitent pas une oxygénothérapie et qui sont à risque accru d’évolution vers une forme sévère de la COVID-19 uniquement en cas de souche de SARS-CoV-2 sensible au remdesivir, dans les populations recommandées et lorsque les patients ne peuvent tirer le meilleur bénéfice du PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir) notamment en raison de contre-indications ou de résistance.

Des données supplémentaires sont nécessaires et attendues pour statuer avec un meilleur niveau de preuve sur l’efficacité, les effets indésirables et les risques du VEKLURY (remdesivir) dans l’indication de l’AMM.

Se référer aux recommandations nationales en termes de stratégie d’utilisation des traitements prophylactiques et curatifs de la COVID-19.

La Commission rappelle qu’il existe des données limitées chez les patients avec insuffisance rénale ou hépatique, ainsi que chez la femme enceinte.

L’utilisation du VEKLURY (remdesivir) doit s’accompagner d’une surveillance clinique étroite compte tenu des réactions indésirables possibles lors de l’injection (notamment hypotension artérielle) et d’un suivi de la fonction rénale et de la fonction hépatique (informations manquantes dans le cadre du PGR).

Recommandations particulières

La Commission rappelle que la mise en œuvre des traitements anti-COVID-19 ne dispense pas les patients du respect des mesures barrières et de distanciation physique dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et que VEKLURY (remdesivir) n'est pas destiné à être utilisé comme substitut de la vaccination contre le SARS-CoV-2.

La Commission relaye la demande des associations de patients sur la nécessité de faciliter l’accès au traitement contre la COVID-19 en ville.

En raison du contexte épidémiologique rapidement évolutif, la Commission souhaite une actualisation régulière des recommandations nationales afin d’adapter la stratégie de prise en charge de la COVID-19 selon les données sur la sensibilité des variants circulants aux traitements disponibles.


Service Médical Rendu (SMR)

Faible

Le service médical rendu par VEKLURY (remdesivir) est faible sous réserve de la sensibilité de la souche de SARS-CoV-2 vis-à-vis du remdesivir, dans les populations recommandées et lorsque les patients ne peuvent tirer le meilleur bénéfice du PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir) notamment en raison de contre-indications ou de résistance, dans l’indication de l’AMM. Cette évaluation traduit l’incertitude encore importante sur l’efficacité et la tolérance de VEKLURY (remdesivir) dans un contexte de stratégies thérapeutiques très rapidement évolutives et du besoin de santé publique.


Amélioration du service médical rendu (ASMR)

V (absence)

Compte tenu :

  • du besoin médical non satisfait chez des patients ne nécessitant pas d’oxygénothérapie du fait de la COVID-19 et étant à risque élevé d'évolution vers une forme grave de la maladie dans un contexte de données cliniques encore limitées avec les différents traitements disponibles, d’évolution de l’épidémie, de sensibilité évolutive des anticorps monoclonaux vis-à-vis des variants circulants et d’éventuels variants à venir du SARS-CoV-2 en France et des difficultés d’accessibilité de ces traitements sur l’ensemble du territoire ;
  • de la quantité d’effet de VEKLURY (remdesivir) en termes de réduction relative du risque d’hospitalisations liées à la COVID-19 ou de décès toutes causes à J28 de 87 % (critère de jugement principal ; étude PINETREE) ;
  • du profil de tolérance acceptable ;

Mais considérant :

  • une efficacité uniquement démontrée sur le risque d’hospitalisation avec peu d’événements dans le groupe placebo (5,4 % d’hospitalisations et 0 % décès) témoignant d’une population à faible risque,
  • les nombreuses limites méthodologiques (dont un risque de surestimation de l’effet du traitement lié à l’arrêt prématuré des inclusions de patients ; 562 patients inclus sur les 1 264 patients prévus),
  • les incertitudes sur la transposabilité des résultats de l’étude clinique (patients non vaccinés et faiblement à risque) à la pratique clinique et du contexte épidémique actuel, en raison de l’absence de données d’efficacité clinique sur le variant Omicron ;
  • l’absence d’impact démontré sur l’amélioration des symptômes et l’aggravation des patients (nécessité d’une oxygénothérapie ou admission en unités de soins intensifs ou décès) ;
  • l’absence d’impact démontré à ce jour sur la diminution de la charge virale nasopharyngée, rendant la preuve de concept incertaine,

la Commission considère que VEKLURY (remdesivir) n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la prise en charge des patients adultes et enfants (pesant au moins 40 kg) qui ne nécessitent pas une oxygénothérapie et qui sont à risque accru d’évolution vers une forme sévère de la COVID-19, sous réserve de la sensibilité de la souche de SARS-CoV-2 vis-à-vis du remdesivir, dans les populations recommandées et lorsque les patients ne peuvent tirer le meilleur bénéfice du PAXLOVID (nirmatrelvir/ritonavir) notamment en raison de contre-indications ou de résistance.


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