QALSODY (tofersen) - Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
Nature de la demande
L'essentiel
Avis favorable au remboursement dans le traitement des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène superoxyde dismutase 1 (SOD1).
Quel progrès ?
Pas de progrès en l’état actuel des données.
Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?
Au regard :
- des résultats non statistiquement significatifs sur le critère de jugement principal clinique (échelle d’évaluation fonctionnelle de la SLA révisée) évalué à 28 semaines dans une étude pivot de phase III comparative randomisée en double-aveugle versus placebo ; les données de suivi d’efficacité en ouvert sous tofersen jusqu’à 148 semaines (analyse descriptive) n’apportant pas de preuve supplémentaire,
- de l’absence de données comparatives robustes par rapport au riluzole, traitement de fond actuellement disponible, dans un contexte où 62 % et 61 % des patients recevaient le traitement à l’inclusion et tout au long de l’étude pivot respectivement dans les groupes tofersen et placebo,
- des données comparatives indirectes de faible niveau de preuve (étude de cohorte rétrospective FORSLA et méta-analyse Hamad et al. 2024) n’ayant pas permis de démontrer l’efficacité du tofersen par rapport à la prise en charge actuelle, ainsi que des données de l’accès compassionnel et des avis d’experts suggérant un bénéfice potentiel, du tofersen en termes d’efficacité clinique, d’effet biologique (taux de neurofilament, critère de substitution non validé à ce stade) et avec une tolérance acceptable,
- et prenant en compte le besoin médical insuffisamment couvert dans cette maladie et la nécessité de disposer d’alternatives thérapeutiques efficaces et bien tolérées,
la Commission considère que QALSODY (tofersen) est une option thérapeutique dans la stratégie thérapeutique de traitement de la SLA avec mutation du gène SOD1.
Le traitement par tofersen ne doit être instauré que par un médecin expérimenté dans la prise en charge de la SLA et administré par des professionnels de santé expérimentés dans la réalisation des ponctions lombaires ou sous la supervision de ces professionnels de santé. Il sera notamment discuté avec le patient du fait que le traitement peut être associé à des EI graves (myélite et/ou radiculite, augmentation de la pression intracrânienne et/ou œdème papillaire) et la prise en compte du fardeau du traitement (administration mensuelle intrathécale).
L’intérêt de poursuivre le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas en fonction du tableau clinique du patient et de sa réponse au traitement.
Recommandations particulières
Conformément aux critères d’octroi et aux conditions de prescription et de délivrance de l’autorisation d’accès compassionnel actuelle, la Commission recommande que :
- la prescription de QALSODY (tofersen) soit réservée aux médecins spécialistes en neurologie des centres labellisés de la filière FILSLAN (Filière de santé Sclérose Latérale Amyotrophique et autres maladies rares du Neurone moteur) et validée après avis d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) nationale de la filière ;
- seuls les prescripteurs et les pharmaciens exerçant dans un établissement de santé labellisé de la filière FILSLAN puissent respectivement prescrire et dispenser le traitement.
Service Médical Rendu (SMR)
| Faible |
Le service médical rendu par QALSODY (tofersen) est faible dans l’indication de l’AMM. La Commission conditionne le maintien du SMR faible à sa réévaluation dans un délai maximal de 1 an, sur la base des résultats attendus (cf. rubrique « 5.6. Demande de données »). |
Amélioration du service médical rendu (ASMR)
| V (absence) |
Compte-tenu :
et malgré :
la Commission considère que QALSODY (tofersen) n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la prise en charge des patients adultes atteints de de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène superoxyde dismutase 1 (SOD1). |
