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L'essentiel

Avis favorable au remboursement dans l’indication de l’AMM : « traitement de l’hyperphénylalaninémie (HPA) chez les patients adultes et pédiatriques atteints de phénylcétonurie (PCU) ».

 

Quel progrès ?

Un progrès thérapeutique par rapport à la saproptérine.

 

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

SEPHIENCE (sépiaptérine) est un précurseur naturel du cofacteur enzymatique BH4, un cofacteur de la phénylalanine hydroxylase.

Il s’agit d’une nouvelle option thérapeutique médicamenteuse de 1ère intention dans la prise en charge de la PCU, qui peut permettre de diminuer le taux de phénylalanine plasmatique et ainsi améliorer le contrôle métabolique des patients. Dans les études cliniques, son efficacité en matière de baisse des taux de phénylalanine a été supérieure au placebo et à la saproptérine, avec un profil de tolérance satisfaisant et globalement similaire à celui de la saproptérine. Toutefois, il existe une forte variabilité interindividuelle de l’efficacité, allant de l’absence de réponse à une réponse marquée.

En pratique, il apparaît donc essentiel de tester la réponse individuelle de chaque patient avant d'envisager un traitement au long cours par sépiaptérine. La décision de poursuivre ou non ce traitement devra être prise au cas par cas, en fonction de la baisse de la phénylalaninémie et de ses conséquences sur la simplification du régime et sur la qualité de vie des patients. Les modalités du test permettant d’identifier les patients répondeurs à la sépiaptérine restent à préciser. Selon le RCP, la détermination de la réponse pour un patient atteint de PCU et l’arrêt de l’utilisation du médicament est à la discrétion du médecin (cf. RCP rubrique « arrêt de traitement »).

A noter que dans les études cliniques de phase III comparatives, le bénéfice de la sépiaptérine versus saproptérine et versus placebo en matière de baisse des taux de phénylalanine a été démontré dans une population sélectionnée de patients préalablement identifiés comme répondeurs à l’issue de 14 jours de traitement, et en association à un régime strict en phénylalanine fixe. Ces études n’avaient pas pour objectif d’évaluer l’impact de la sépiaptérine sur l’augmentation de la tolérance à la phénylalanine et donc sur l’élargissement du régime alimentaire.

Au total, un traitement par SEPHIENCE (sépiaptérine) peut être envisagé chez les patients atteints de PCU sensibles à la sépiaptérine, qu’ils soient naïfs de traitement par saproptérine ou insuffisamment contrôlés par le régime seul ou par la saproptérine. Chez les patients contrôlés sous régime seul et acceptant ce régime, ce produit n’aura pas d’intérêt. Chez les patients bien équilibrés sous saproptérine, l’intérêt de rechercher une meilleure efficacité sous sépiaptérine pour augmenter l’apport protidique ou de maintenir le traitement actuel efficace devra être évalué au cas par cas.


Service Médical Rendu (SMR)

Important

Le service médical rendu par SEPHIENCE (sépiaptérine) 250 mg et 1 000 mg, poudre orale en sachet, est important dans l’indication de l’AMM.


Amélioration du service médical rendu (ASMR)

IV (mineur)

Prenant en compte :

  • la supériorité de la sépiaptérine démontrée à court terme en matière de diminution du taux sanguin de phénylalanine en comparaison à la sépiaptérine et au placebo, critère de jugement biologique pertinent dans la PCU, avec une quantité d’effet jugée significative,
  • le fait que le bénéfice ait été démontré chez des patients préalablement sélectionnés comme répondeurs à la sépiaptérine, avec une sous-représentation des patients atteints de PCU classique (forme la plus sévère de la maladie),
  • la qualité non optimale de cette démonstration dans l’étude AMPLIPHY qui a pu conduire à une surestimation du bénéfice observé versus saproptérine, du fait que l’étude ait été conduite en ouvert et que des patients non répondeurs au test à la saproptérine aient été inclus contrairement à l’indication AMM validée en France tandis que seuls les patients répondeurs à la sépiaptérine ont été randomisés,
  • l’absence de données permettant d’évaluer de façon robuste le bénéfice versus saproptérine dans certaines sous-populations, à savoir chez les patients non répondeurs au test au BH4 et ceux atteints de PCU classique compte tenu du faible nombre de patients inclus, et chez les patients avec un taux de phénylalanine < 600 µmol/L à l’inclusion au regard de l’analyse en sous-groupe suggérant que le bénéfice pourrait être moindre dans cette population (cf. figure 5 de l’avis),
  • l’absence de bénéfice démontré sur la qualité de vie,
  • le profil de tolérance acceptable,

la Commission considère que SEPHIENCE 250 mg et 1 000 mg (sépiaptérine), poudre orale en sachet, apporte une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) par rapport à la saproptérine dans l’indication de l’AMM.

 


Avis économique

Ce produit a fait l’objet d’un avis économique rendu par la Commission d’évaluation économique et de santé publique le 21 juillet 2026.  

L’avis économique porte sur une indication superposable à celle demandée au remboursement, à savoir le traitement de l’hyperphénylalaninémie chez les patients adultes et pédiatriques atteints de phénylcétonurie. 

La CEESP conclut que : 

  • l’efficience de sépiaptérine n’a pas pu être évaluée en raison d’une réserve majeure portant sur la méthode d’estimation des scores d’utilité des états de santé du modèle. La CEESP désapprouve le choix de l’industriel de ne pas mobiliser les données de l’essai pivot de l’industriel. Ce choix est d’autant plus préjudiciable au regard de l’impact de la pathologie et de sa prise en charge sur la qualité de vie des patients et des aidants, rapportés dans la contribution de l’association des Feux Follets.  
  • l’impact budgétaire associé à l’introduction de sépiaptérine représente une augmentation des dépenses de l’Assurance maladie de 566 % dans l’indication de la demande de remboursement, soit environ 1,945 milliard d’euros sur 5 ans. L’impact budgétaire est probablement sous-estimé, notamment en raison de l’absence de prise en compte de l’évolution de la prise en charge en fonction de l’âge des patients et de l’exclusion des coûts liés à l’identification des patients répondeurs au traitement par sépiaptérine. 

La CEESP alerte sur le niveau de l’impact budgétaire associé à l’introduction de sépiaptérine, et sur la soutenabilité financière à long terme compte tenu du caractère chronique du traitement et du coût annuel moyen par patient, d’autant que l’efficience n’a pas été démontrée, et que l’impact sur les résultats de santé et sur les conditions de prise en charge des malades est limité. 

La CEESP rappelle la nécessité de conduire des analyses coût-résultats et de l’impact budgétaire sur l’ensemble des patients initiant la stratégie de prise en charge, incluant les patients interrompant cette dernière pour une réponse jugée insuffisante. 

> SEPHIENCE - Avis économique (pdf)

 

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