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Diabète & podologie – La prévention recommandée dès le grade 1

Article HAS - Mis en ligne le 21 janv. 2019

Aujourd’hui, les séances de prévention de pédicurie-podologie sont prises en charge par l’assurance maladie pour les patients diabétiques atteints de lésions de grades 2 et 3. Suite à un travail d’évaluation, la HAS préconise de les rembourser aussi pour les patients à risque podologique de grade 1. Explications de Wafa Elachi*, du service évaluation des actes professionnels à la HAS.

 

Comment sont évaluées les lésions podologiques chez les patients diabétiques ?

Les lésions des pieds sont des complications fréquentes et graves chez le patient diabétique. Elles sont liées à une atteinte des nerfs et des artères des membres inférieurs. Elles sont de type mal perforant plantaire avec ulcération et altération de la capacité de cicatrisation qui peut aller jusqu’à l’amputation. Le Groupe international de travail sur le pied diabétique (IWGDF) a défini quatre grades pour évaluer ce risque podologique. Le grade 0 correspond à une absence de neuropathie sensitive, le grade 1 à une neuropathie sensitive isolée, le grade 2 à une neuropathie sensitive associée à une artériopathie des membres inférieurs et/ou à une déformation du pied et enfin le grade 3 à des antécédents d’ulcération du pied (grade 3a), et/ou à une amputation de membres inférieurs (grade 3b).

 

Les séances de prévention de pédicurie-podologie ont-elles un effet bénéfique pour les patients à risque podologique de grade 1 ? Que révèle l’évaluation de la HAS ?

L’impact de ces séances est positif sur le plan médical. Elles diminuent les risques d’ulcération, de callosités non calcanéennes, de pression plantaire… et améliorent la qualité de vie des patients concernés. Elles préservent leur autonomie et réduisent le nombre d’hospitalisation pour amputation puisque les plaies peuvent être prises en charge de façon plus précoce. Ces séances améliorent également la coordination des différents professionnels de santé qui travaillent autour du patient afin d’optimiser leur adressage et leur suivi. Par conséquent, la HAS recommande leur prise en charge par la collectivité.

 

Quels est le nombre de consultations préconisé par la HAS ? 

Un rythme d’une séance tous les six mois est une bonne moyenne. Ce rythme peut être adapté pour les patients en situation de handicap ou pour les personnes âgées. La première séance correspond au bilan-diagnostic initial, les suivantes sont des séances de suivi. Chaque séance de soin dure au minimum 30 à 45 minutes et est adaptée en fonction de l’état du patient et des soins à réaliser. Une séance peut comprendre un examen du pied et la gradation du risque podologique, des soins de pédicurie-podologie, une éducation du patient et/ou de son entourage à l’hygiène des pieds, une évaluation du chaussage et, si nécessaire, la mise en place d’un chaussage adapté.

 

Six conseils pour les patients diabétiques

  • Ne pas marcher pieds nus ni en chaussettes ni en chaussons à semelles fines ;

  • Ne pas utiliser d’agents chimiques pour traiter l’hyperkératose ;

  • Inspecter quotidiennement ses pieds et l’intérieur de ses chaussures ;

  • Se laver quotidiennement et se sécher soigneusement entre les orteils ;

  • Couper ses ongles droits ;

  • Utiliser des crèmes émollientes pour hydrater la peau.

L’assurance maladie recommande aux patients diabétiques de faire examiner leurs pieds au moins une fois par an par un pédicure-podologue qui doit transmettre l’information à leur médecin traitant.


Chiffres clés

Près de 600 000 patients diabétiques présenteraient un risque podologique de grade 1 selon les données de l’assurance maladie.

En France, en 2016, environ 26 700 patients diabétiques étaient hospitalisés pour une plaie du pied et 8 500 pour amputation.

 

* Propos recueillis par Arielle Fontaine (HAS) & Citizen press

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